« Politiques de la science-fiction » – « Le futur est-il un terrain de luttes ? » 🔭

Politiques de la science-fiction - collectif

Bonjour ! 😄 Aujourd’hui, on va parler science-fiction, on va parler non fiction, on va parler « Politiques de la science-fiction », aux éditions ActuSF 🔭

« Le futur est-il un terrain de luttes ?

Quels ont été et quels sont aujourd’hui les rapports de la science-fiction aux enjeux politiques et aux questions de société ?

À travers des articles, des entretiens et six nouvelles, Politiques de la science-fiction invite à un voyage riche de réflexions et d’imaginaires, entre utopies et dystopies, peurs de l’avenir et quêtes d’émancipation, prospectives plurielles et explorations de mondes alternatifs. Tout cela autour de trois grands chapitres : Une socio-politique de la SF, Faire avec la science-fiction et Dans la pluralité de la SF d’aujourd’hui.

Un ouvrage piloté par Thomas Arciszewski et Cynthia Lopez-Bagousse, chercheurs de l’Université d’Aix-Marseille, ainsi qu’Ariel Kyrou, auteur de l’essai Dans les imaginaires du futur. »

Reçu dans le cadre de mon partenariat avec ActuSF, j’attendais de lire cet ouvrage avec impatience, alors quand il est arrivé dans ma boîte aux lettres, j’étais particulièrement contente 😄

« Politiques de la science-fiction » n’est clairement pas un ouvrage de non fiction comme les autres. Rassemblant essais « classiques », discussions d’auteurices, entretiens, extraits de lettres, et nouvelles thématiques, les auteurices de ce joli petit pavé d’un peu plus de 600 pages ont fait un travail impressionnant 😲

Ce qui ressort de l’introduction, pour commencer, c’est que donner une définition « ferme » de ce qu’est la science-fiction est quasiment impossible. Le genre regroupe beaucoup trop d’éléments, de « sous-genres », qu’il est parfois difficile de savoir si ce qu’on lit est de la SF ou non 🤷‍♀️ Et je dois dire que ça m’a interpellée, m’a poussée à remettre en question ce que je pensais lire comme étant de la SF ou pas, et me faisant prendre conscience que ça ne se résume pas à la « hard-SF », loin de là 😅

Parmi tous les écrits, souvent passionnants, j’ai beaucoup apprécié le sous-chapitre « Amitiés féministes et science-fiction par la Poste » (dans le chapitre 1) de Charlotte Houette et Clara Pacotte, qui y ont rassemblé quelques lettres que ce sont échangées Ursula K. Le Guin, Joanna Russ et Alice Sheldon. Elles discutent, entre autres, sur la SF de leur époque et la manière dont elle est perçue, et sur la place des femmes dans ce genre littéraire. J’ai particulièrement aimé les écrits d’Alice Sheldon, qui m’ont donné très envie de la lire 😄 Et hop ! Encore des ajouts à ma wishlist ! 😆

Dans ce même chapitre 1, j’ai beaucoup aimé l’analyse de Thomas Arciszewski (et Matthias De Bondt en entretien) dans la partie « Science-fiction, croyances et conspirations politiques », qui met en lumière les possibles dérives, d’une certaine manière, de la SF, ou plutôt la façon dont elle est parfois utilisée comme « excuse » à l’établissement de religions alternatives. Une citation de Charles Taylor a d’ailleurs particulièrement retenu mon attention : « La SF n’est pas une cause du mal : elle est le miroir grossissant d’une culture qui déplace ses besoins de sens, de communauté et de transcendance dans un espace que les institutions traditionnelles ne remplissent plus. » (Charles Taylor, L’Âge séculier, Le Seuil, 2011). C’est particulièrement pertinent 😊 Je regrette juste que Matthias De Bondt n’ait (pour l’instant ?) pas publié d’ouvrage. Je l’ai trouvé particulièrement intéressant à lire 😊

Côté essais et entretiens, tout n’a pas pour autant trouvé grâce à mes yeux. Certains textes ne sont pas toujours les plus accessibles (en tout cas pour moi), mais c’est surtout l’entretien entre Ariel Kyrou et Kim Stanley Robinson qui a confirmé… que je n’apprécie pas cet auteur 🫤 J’ai lu il y a quelques temps « Chroniques des années noires », son uchronie dans laquelle l’Europe a disparu au Moyen-âge, ravagée par la peste. J’aime généralement les uchronies, mais sans rentrer dans les détails, j’ai détesté ce roman, que j’ai trouvé trop long et limite pompeux dans son écriture. L’entretien présent ici ne m’aura pas fait changer d’avis, surtout les propos de l’auteur à propos de la dystopie (qu’il n’aime pas et va même jusqu’à dire qu’il n’y voit pas d’intérêt…) 😮‍💨

Côté nouvelles, j’ai particulièrement aimé « IRL » de Jean Baret, et sa façon particulièrement flippante et pertinente de raconter la place que peut prendre l’IA dans nos vies et la manière dont elle pourrait, un jour, les contrôler… 😨

« Politiques de la science-fiction » est un ouvrage vraiment riche et complet, qui n’apporte pas de réponses toutes faites, mais des pistes de réflexion, ce que j’ai vraiment beaucoup aimé 😊

Et pour conclure (et peut-être vous convaincre de lire ce livre), voici 2 citations que j’aime beaucoup :

👉 « La science-fiction est […] l’espace de la liberté et du possible dans un temps où la liberté est de plus en plus écrasée, et le possible obscurci : elle est, en puissance, un genre révolutionnaire, un genre plus que jamais nécessaire. » (Laura Coci – page 502)

👉 « […] le futur est déjà là, il ne ressemblera pas au passé, et ce que nous en feront ne dépendra que de nous. » (Antoine Daer – page 234)

🐻🐻🐻🐻,5/5