
Hey ! 👋 Aujourd’hui, on remonte le temps jusqu’en 1950, en Floride, avec « The Reformatory » de Tananarive Due, aux éditions Saga Press 💀
🇺🇸🇬🇧 « Gracetown, Florida
June 1950
Twelve-year-old Robbie Stephens, Jr., is sentenced to six months at the Gracetown School for Boys, a reformatory, for kicking the son of the largest landowner in town in defense of his older sister, Gloria. So begins Robbie’s journey further into the terrors of the Jim Crow South and the very real horror of the school they call The Reformatory.
Robbie has a talent for seeing ghosts, or haints. But what was once a comfort to him after the loss of his mother has become a window to the truth of what happens at the reformatory. Boys forced to work to remediate their so-called crimes have gone missing, but the haints Robbie sees hint at worse things. Through his friends Redbone and Blue, Robbie is learning not just the rules but how to survive. Meanwhile, Gloria is rallying every family member and connection in Florida to find a way to get Robbie out before it’s too late. »
J’ai découvert ce livre dans une vidéo de Sinead Hanna (chaîne anglophone que j’aime beaucoup), et j’ai eu très très très (ou, autant) envie de le lire. Il est entré dans ma PAL, a attendu quelques mois, et je l’ai finalement sorti pour me plonger dedans, sans vraiment avoir conscience d’où j’allais mettre mes pieds 😶
Et très rapidement, j’ai eu mal. Pas avec la langue (il est plutôt accessible), pas avec le rythme (dont je parlerai un peu plus loin), mais avec ce qui arrive aux personnages 🥺
On fait très vite la connaissance de Gloria et de son petit frère Robbie. Et je les ai aimés tout de suite 🥹 Gloria n’est qu’une adolescente, mais elle joue un peu le rôle d’une mère pour Robbie. Leur mère est décédée depuis quelques années, leur père a du fuir la région, et les enfants sont à la charge d’une femme âgée amie de la famille (et marraine de Robbie). Elle porte sur ses épaules beaucoup de responsabilités et elle m’a beaucoup touchée 🥺
Robbie est… un garçon de 12 ans 🤷♀️ Il veut être un grand, mais il reste un enfant, et je l’ai beaucoup, beaucoup aimé 🥰 Malheureusement pour lui, se retrouver à la Gracetown School for Boys va vite le faire grandir 😔
Et très rapidement dans le roman, on entre dans le vif du sujet, en plein cœur d’une Amérique ségrégationniste, raciste, violente et injuste. Robbie est condamné au bout de quelques minutes à peine à six mois de maison de correction pour avoir défendu sa sœur, pour avoir poussé le jeune blanc qu’il ne fallait pas toucher… La parodie de justice dont il est victime est juste… intolérable 😡 Et évidemment, ce n’est que le début !
Sévices corporels, maltraitance psychologique, scènes difficiles à lire de par leur violence et leur réalisme… « The Reformatory » n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains. C’est un roman dur, qui m’a souvent mis les larmes aux yeux, au point qu’au début de ma lecture, je me suis demandée si j’arriverais à continuer 🥺
Je me suis accrochée, et j’ai vraiment bien fait ! Ce roman est… oui, il est dur, il est violent, il fait peur parfois (il y a quand même un paquet de fantômes, dans ces pages), mais c’est aussi une belle histoire d’amitié, et de rencontres, une histoire qui remet au devant de la scène une partie de l’Histoire américaine que bon nombre de personnes voudraient sûrement oublier, mais aussi un roman qui rappelle que parfois, il y a de la lumière au milieu des ténèbres. Et rien que pour ça, je suis heureuse de l’avoir lu 🥹
La construction du récit nous fait suivre principalement Robbie, qui essaie de survivre et de ne pas trop se faire remarquer (sans grand succès), et Gloria qui tente de sauver son frère par tous les moyens. Et si j’ai préféré les chapitres concernant Robbie (que j’ai vraiment adoré), j’ai aussi apprécié de suivre Gloria, dont le quotidien montre bien ce qu’il en était pour les Noirs à cette époque, et la peur constante de ne pas faire « ce qu’il faut », enfin ce que les Blancs estimaient qu’ils devaient faire, c’est-à-dire pas grand chose. Dans ce coin de Floride, certains semblent être restés au temps de l’esclavage… Ça m’a beaucoup énervée, je dois dire 😤 Dans les différents avis que j’ai pu lire sur ce roman, les chapitres sur Gloria sont généralement peu appréciés, des lecteurices les estimant « de trop » ou « trop longs ». Et si, en effet, le rythme est parfois lent dans ces moments, je pense que c’était nécessaire pour bien faire comprendre ce que ressentait Gloria : un sentiment d’urgence (faire sortir son frère de là au plus vite), tout en faisant profil bas et en essayant de faire les choses correctement, ce qui prend du temps. J’ai surtout ressenti la frustration de Gloria, qui veut juste faire les choses bien mais qui se rend compte que la justice de Floride n’est pas de son côté 🥺
Si vous ne l’avez pas encore compris : j’ai adoré ce roman. J’aimerais dire, d’ailleurs, que c’est un coup de cœur, parce que dans un sens, c’est le cas, mais en même temps c’était tellement dur, tellement injuste, que j’ai presque envie de dire que c’était un coup de poing en plein cœur 🥺 Ce roman m’a énormément touchée, et lire les quelques mots de l’autrice à la fin de l’ouvrage tout autant 🥺
Je n’ai aucun doute sur le fait que ce roman sera traduit. Si vous lisez en anglais, n’hésitez pas ! Et si ce n’est pas le cas, un peu de patience. Mais quand il sortira en français, jetez-vous dessus, il en vaut vraiment la peine 🥹
🐻🐻🐻🐻🐻/5

