
Hello ! Aujourd’hui, un « Et si on parlait » que j’aurais pu écrire depuis longtemps puisque je viens aborder la question des réseaux sociaux littéraires, et de Bookstagram en particulier 👀
Ça fait maintenant presque 7 ans que je publie chroniques et articles du genre de celui d’aujourd’hui, sur Instagram et ici, et je vois revenir très souvent le même genre de sujet : Bookstagram et les chiffres 🤓 Et… ça commence à sérieusement me gonfler 😤
Pas mal active sur Instagram / Bookstagram et sur Threads, je vois souvent des personnes se plaindre : « Booksta c’est devenu n’importe quoi », « y a plus que les chiffres qui comptent » (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots), « la lecture c’est pas une compétition », bla bla bla… Et si je ne réponds pas la grande majorité du temps, un post Insta m’a fait réagir, parce qu’il venait d’une personne que j’ai commencé à suivre sur Threads, puis sur Insta / Booksta, puisqu’elle semblait avoir un avis assez proche du mien. C’est toujours plus ou moins le cas, mais l’une de ses publications m’a donné envie de réagir 😮💨
Ne nous voilons pas la face, les réseaux sociaux, littéraires ou non, sont remplis de tout, et surtout de n’importe quoi. On y publie des vidéos de chats ou de chiens qui font n’importe quoi, des animaux tout mignons, on y partage des articles de journaux, de blogs, on y parle politique, cuisine, musique, loisirs, arts, etc. Et évidemment, on y parle de livres. Inévitablement, on finit avec des posts du genre « je comprends pas pourquoi les gens lisent autant, comptent leurs lectures, lire c’est pas une compétition » 😮💨
Et c’est typiquement ce genre de post qui me donne envie de répondre à chaque fois : mais qu’est-ce que ça peut te faire si les autres lisent beaucoup ou non, comptent ou non ? Et d’où c’est une compétition ? Il y a une médaille à gagner à la fin ? Non ! Alors regarde tes bouquins, lis, et fous la paix aux autres ! 😤
Avant d’arriver sur Booksta, je lisais déjà énormément, mais j’avais une Pile À Lire très limitée, ce qui personnellement me frustrait beaucoup. J’ai relu plusieurs fois les mêmes livres, je n’avais quasiment jamais de livres non lus qui m’attendaient, et pour moi, c’était une source de frustration, quand pour d’autres lecteurices, au contraire, ce sera un plaisir de ne pas avoir de livres « en attente ». Arrivée sur Bookstagram, je suis passée de : j’ai une seule bibliothèque assez remplie à j’ai 5 bibliothèques très remplies, et ça a débordé un peu partout parce qu’il m’en faudrait une ou deux de plus. J’ai acheté beaucoup en occasion, mes proches m’en ont offert, et oui, j’ai aujourd’hui une Pile À Lire si grande qu’il me faudrait plusieurs années pour en venir à bout. Et ça me va parfaitement ! Je sais que quoi qu’il arrive, j’aurai toujours un livre à portée de main, je ne resterai pas frustrée devant mes livres tous déjà lus à me demander quoi relire pour la énième fois 🤔 Mais je comprends totalement que c’est une réaction qui m’est propre, et que tout le monde n’a pas besoin d’avoir une grande PAL pour en retirer de la satisfaction 🤷♀️
Bookstagram est clairement responsable de mes piles de bouquins lus et non lus qui s’accumulent et qui débordent de mes bibliothèques, je ne vais pas dire le contraire. YouTube / BookTube aussi, évidemment, mais pour moi, ce n’est qu’une extension à Booksta. Les chaînes YouTube que je suis sont généralement liées à des comptes Instagram, que je suis également et dont je « consomme » le contenu. Et c’est ainsi que j’ai vu, au fil des années, passer de nombreuses recommandations littéraires, qui correspondaient à mes goûts, et parfois non. Mais j’éprouve toujours un grand plaisir à lire ou écouter les avis sur des livres que j’ai lus ou non, et parfois ajouter un titre à une wishlist qui n’a aujourd’hui plus de fin tant elle est longue 😅 Tous les livres que j’y ajoute n’entreront pas dans mes bibliothèques, c’est évident. Un jour, je me dirai « mais pourquoi je voulais le lire, celui-là ? Bon, je le retire de la liste », comme je retire parfois des livres de ma PAL parce que mes envies ont changé depuis que je les ai achetés (et c’est systématiquement des livres d’occasion qui sont concernés) et qu’ils traînent depuis trop longtemps. Dans ces cas-là, je les revends ou je les dépose en boîte à livres, histoire qu’ils vivent une autre vie auprès de lecteurices qu’ils intéresseraient davantage 😊
Oui, à un moment ces dernières années, j’ai acheté énormément. Mais Bookstagram n’est pas seul responsable ! Personne ne m’a obligée à faire le tour des revendeurs de livres d’occasion et à repartir avec des piles de livres. Personne ne m’a obligée à donner des listes de bouquins à mes proches au moment de mon anniversaire ou de Noël. J’aurais pu demander d’autres cadeaux 🤷♀️ Mais je suis une passionnée de livres et de lecture depuis toujours, et les jours où je n’ai pas lu peuvent se compter sur les doigts d’une main. Alors quoi de plus logique que de me tourner vers les livres ? Bookstagram m’a surtout permis de découvrir des titres que je n’aurais pas découverts autrement, et de faire quelques rencontres bien sympathiques au passage 😊
Avec Bookstagram et BookTube, j’ai découvert tout un monde rempli de bookhauls, de piles à lire saisonnières, de challenges littéraires, et je me suis sentie chez moi 🥰 Dans mon entourage, personne ne lit autant que moi. Je n’avais personne avec qui parler de mes lectures. Bookstagram m’a ouvert les portes d’un monde où je pouvais partager avec d’autres personnes tout aussi passionnées. Je n’étais plus seule avec mes livres ! 🥳 Ça peut sembler un peu pathétique, mais avoir une passion et ne pas pouvoir en parler, ça peut être vraiment très frustrant, surtout quand on lit ce que je lis 🫣 Allez donc trouver un club de lecture IRL où on parle fantasy, thrillers très sombres et horreur ? Je n’en connais aucun. Et en créer un… avec qui, quand on ne connaît pas de lecteurices qui en lisent ? 😶 Booksta est devenu, en quelques sortes, mon club de lecture 😅
Je ne suis pas une lectrice « saisonnière » à proprement parler. Je peux garder de côté un roman dont l’histoire se déroule en hiver… pour l’hiver, mais si j’ai envie de le lire en plein été, je ne vais pas m’en priver. J’adore participer, plus ou moins activement, à des challenges littéraires, préparer une Pile À Lire qui « colle » à des catégories et des mots-clés, ne pas arriver à tout lire avant la fin du challenge et me dire « quelle importance ? Je les lirai après ». J’adore compter mes lectures et les lister dans un pauvre tableau Excel qui ne ressemble à rien, juste au cas où j’aurais envie de faire des statistiques pour savoir le nombre d’ebooks que j’aurais lus dans l’année ou le nombre de livres que j’aurais abandonnés. Je ne partage juste pas régulièrement ce genre de données, parce que ce n’est pas ce que je trouve le plus pertinent à partager en ce qui me concerne. Mais j’adore regarder les bilans des autres chaque année, en particulier sur BookTube 😄
Jamais je ne me suis sentie ou mise en compétition avec qui que ce soit, si ce n’est moi-même. J’aime me lancer des défis personnels, du genre « ce livre, je devrais pouvoir le terminer en 3 jours », et la vie se ramène sur le devant de la scène, je n’ai pas autant de temps pour lire, et ce bouquin que je pensais finir en 3 jours m’aura duré une semaine. Et alors ? Ce n’est pas grave ! On s’en fout ! 🤷♀️ En fait, la seule pression que nous ressentons ne vient pas réellement de Bookstagram, mais de nous-même ! C’est nous qui nous fixons, consciemment ou non, des dates limites, des nombres de livres à lire. Personne ne va venir nous fliquer pour vérifier qu’on aura bien tout lu, en prenant bien notre temps, et qu’on aura lu tous les jours. Cette pression que certaines personnes imputent aux réseaux sociaux littéraires (et à Booksta en particulier) ne vient que de nous-même. Parce que le problème principal est surtout de savoir ce que le regard des autres nous fait ressentir, et pourquoi 🤔
Je compare les personnes qui regardent et jugent les lectures ou les comportements de lecture des autres à ces petites vieilles, ces commères plus ou moins bien planquées derrière leurs rideaux, qui passent leur temps à surveiller ce qui se passe dans leur rue. « Ah ! Les voisins ont de l’argent, ils ont changé de voiture ! Et la voisine plus bas, elle est vraiment habillée comme une prostituée. Je suis sûre qu’elle trompe son mari ! » Vous voyez le genre… Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont permis à ce genre de personnes d’aller zieuter dans ce qu’elles pensent être le quotidien des autres, et s’en donnent à cœur joie pour critiquer tout ce qui leur passe sous le nez. Elles me font penser à une bande de poules qui caquettent et qui vont caqueter de plus en plus fort au moindre coup de vent un peu fort 🐔 (désolée pour les poules). Ces personnes qui jugent les autres n’ont aucun intérêt, à mes yeux. Et j’ai été déjà pas mal critiquée pour avoir exprimé mes opinions et avoir juste rappelé qu’avant de juger de la qualité supposée d’un livre ou des problématiques posées par son contenu, il faut le lire… J’ai été harcelée, heureusement sur une courte période, et insultée par une autrice-illustratrice relativement connue, juste parce que je n’étais pas d’accord avec certaines personnes et ne m’en suis pas cachée. Et c’est ce genre de comportement que je trouve problématique, bien plus que de savoir combien de livres sont lus par une personne en un an, en un mois ou en une semaine. C’est ce harcèlement et ces insultes qu’on devrait condamner plutôt que de blâmer les réseaux sociaux pour nos craquages en librairie…
Bookstagram a ses défauts, évidemment. « On y voit toujours les mêmes livres » oui, mais pourquoi ? Parce que les algorithmes mettent en avant ce qui fait le plus réagir. Plus il y aura de likes, de commentaires, de partages pour un même livre ou un même genre / sous-genre littéraire, plus on verra passer ces mêmes livres / genres sur nos fils d’actualité. Si Booksta nous montre « toujours la même chose », à nous, c’est parce que nous lui avons montré que nous portons une forme d’intérêt à ce genre de contenus. Un algorithme ne réfléchit pas : il y a du partage, du commentaire, c’est un contenu à mettre en avant. Point. Que le partage soit fait pour dire « y en a marre de ce genre de livre » ou que le commentaire dise « je n’aime vraiment pas ce trope » n’a pas de sens pour l’algorithme. Au fond, Booksta est très basique : ça réagit, ça fonctionne. C’est tout 🤷♀️ Le mieux à faire, plutôt que se plaindre sur les publications qu’on ne veut plus voir, serait de… ne rien dire. Moins il y aura de réactions sur ce qui ne nous intéresse pas, moins l’algorithme les mettra en avant. À l’inverse, plus on réagira à ce qui nous intéresse, plus on le verra. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’un algorithme fasse le travail à notre place. Voir un contenu qui nous convient, ça demande du temps et d’y mettre du sien 🤷♀️
Alors oui, évidemment, le marketing n’est pas à laisser de côté. Les maisons d’édition vont mettre en avant tel ou tel titre parce que c’est LE livre, LE genre à la mode en ce moment, même si ce n’est pas LE genre que vous appréciez. Mais c’est ainsi que ça fonctionne, et Booksta n’est qu’une vitrine parmi d’autres pour vendre un produit, au même titre qu’une publicité à la télévision tentera de nous vendre tel ou tel produit. C’est à nous de savoir si nous avons besoin de tel ou tel livre comme nous sommes a priori capables de savoir si on a besoin d’acheter tel ou tel produit 🤷♀️
Au lieu de s’arrêter sur les critiques des autres, qui critiqueraient tout autant le contenu de nos caddies de supermarché, on devrait plutôt se demander : pourquoi ça nous touche. Pourquoi se sentir obligé de suivre telle ou telle trend sur les réseaux sociaux, de poster tous les X jours, de parler de tel livre et pas tel autre ? Pourquoi, au fond, vouloir entrer dans un moule carré quand on est soi-même un rond ou un triangle ? Je ressens aussi parfois cette pression, savoir quoi lire qui vaudra la peine d’être chroniqué, quel livre va susciter de l’engagement, me sentir « en retard » parce que je n’ai pas 4 ou 5 chroniques écrites, programmées et prêtes à publier. Parce qu’on sait très bien que devant la multitude de comptes qui vont parler de livres tout comme nous, l’algorithme aura vite fait de nous mettre au placard si on n’est pas capable de publier régulièrement. Il y a quelques années, j’ai choisi de faire une pause de 2 semaines, le temps des fêtes de fin d’année, et de ne rien publier. Par la suite, j’ai eu du mal à remonter dans les vues et les likes. Non pas que je coure après, mais ça fait aussi partie du jeu des réseaux, c’est une évidence. Et surtout, pour moi, c’était un peu comme revenir à l’époque où je lisais seule dans mon coin. À quoi bon partager mes lectures et tenter d’en discuter si personne ne voit ce que je propose ? J’ai beaucoup travaillé sur moi-même pour que cet aspect de Bookstagram me touche moins. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est à moi de choisir ce que je veux en tirer : soit je ne me concentre que sur le nombre de likes, de partages et de commentaires, soit je regarde, prends note, et m’intéresse davantage aux interactions humaines que j’en ai retiré. Parfois il n’y en a pas, ou très peu, parfois ça engendre des discussions en DM particulièrement enrichissantes, et c’est sûr cet aspect que je préfère m’attarder plutôt que sur des chiffres qui, au fond, ne veulent pas dire grand chose 🤷♀️
Alors quand je vois des personnes se plaindre que d’autres critiquent sans arrêt et que Bookstagram leur a mis la pression, j’ai envie de répondre que non, cette pression on se la met à soi-même, parce qu’on veut exister dans un milieu très « concurrentiel », on ne veut pas être invisible, et c’est tout à fait normal ! Mais doit-on s’arrêter à des chiffres sans âmes, ou mettre en avant les rencontres, même virtuelles ? Et écouter les critiques nous apportera quoi, au fond ? Absolument rien.
Je n’ai personnellement que peu de visibilité sur les réseaux, avec moins de 900 abonnés sur Instagram alors que je suis dans le paysage depuis 7 ans, quand d’autres comptes atteignent les 1000 abonnés en 4 ou 5 mois. Mais je ne fais pas de reels (j’en ai tenté un, pas très bon 😅), je ne suis pas les trends, je ne fais quasiment pas de concours, et ne participe d’ailleurs à ceux des autres que très rarement, mais aujourd’hui, je suis fière et heureuse de ce que je propose, des chroniques que j’écris, même si je doute que certaines soient lues, des photos que je prends, toujours très simples, et surtout des rencontres que j’ai pu faire au fil des années. Je ne pense pas que Bookstagram ait tant changé que ça. Instagram a changé, nous obligeant parfois à modifier nos façons de publier, mais dans le fond, Bookstagram est toujours plus ou moins le même réseau. On y trouve toujours des comptes peu honnêtes qui recherchent une visibilité pour satisfaire leur ego, des comptes qui utilisent l’IA pour tout, y compris leurs pseudo chroniques, des comptes qui ne veulent que des livres « gratuits » et font de la lèche à toutes les maisons d’édition qui passent en ne faisant que des chroniques ultra positives, des comptes qui ne jouent que sur les dramas et l’engagement superficial que ça engendre, et j’en oublie certainement. Ces comptes-là ne m’intéressent pas. Je préfère ce qui est le plus présent, les comptes qui tentent de faire des posts originaux même si pas « parfaits », qui écrivent leurs avis avec leur cœur, qui partagent leurs déceptions en expliquant pourquoi avec respect, qui sont là simplement pour les livres et prennent le temps de discuter de temps en temps. Ces comptes-là sont les plus beaux, à mes yeux, même si je ne suis pas toujours d’accord ou que je ne partage pas les mêmes goûts 🥰
Bookstagram est le reflet de ce que nous sommes, au fond. Peut-être, avant de critiquer nous-même celleux qui nous critiquent, devrions-nous nous demander ce que nous en attendons et pourquoi nous réagissons de telle ou telle façon…

