
Hello ! 👋 Aujourd’hui, je change totalement de registre, parce que j’ai envie. Voilà 😝 Alors c’est parti pour « The house in the cerulean sea » de TJ Klune, ici aux éditions Tor 🏡
🇺🇸🇬🇧 « Linus Baker leads a quiet life. At forty, he has a tiny house with a devious cat and his beloved records for company. And at the Department in Charge of Magical Youth, he’s spent many dull years monitoring their orphanages. Then one day, Linus is summoned by Extremely Upper Management and given a highly classified assignment. He must travel to an orphanage where six dangerous children reside, including the Antichrist. There, Linus must somehow determine if they could bring on the end of days. But their guardian, charming and enigmatic Arthur Parnassus, will do anything to protect his wards. As Arthur and Linus grow ever closer, Linus must choose between duty and his dreams. »
🇫🇷 « Linus Baker mène une vie tranquille et solitaire. À quarante ans, il vit dans une petite maison avec un chat caractériel et ses vieux disques. En tant qu’agent du Ministère de la Jeunesse Magique, il doit s’assurer du bien-être des enfants dans les orphelinats supervisés par le gouvernement.
Mais lorsqu’il est convoqué de manière inattendue par les Cadres Extrêmement Supérieurs, il se voit confier une mission curieuse et hautement secrète : se rendre sur l’île de Marsyas dans un foyer où résident six dangereux pensionnaires.
Obligé de mettre ses craintes de côté afin de rédiger un rapport objectif sur l’établissement, Linus va vite comprendre que les enfants ne sont pas le seul secret que renferme l’île. Il devra également réussir à cerner le charmant et énigmatique directeur des lieux, Arthur Parnassus, qui fera tout pour défendre ses protégés.
À mesure qu’il découvre d’incroyables secrets et qu’il se rapproche d’Arthur, Linus va se retrouver confronté au plus difficile des choix : faire son devoir ou écouter son cœur. »
Avant de décider de ne plus lire de romans proposés par De Saxus (et j’ai expliqué pourquoi ici), j’avais emprunté et lu ce roman, et je l’avais vraiment beaucoup aimé. Et quand la suite a été annoncée, je n’ai eu qu’une envie : le relire, cette fois en anglais, avant d’attaquer la suite, en anglais aussi 😄 Et comme j’ai été très sage l’année dernière, la mère Noël (ma belle-mère 😆) m’a offert les deux 🤩
J’ai attendu un peu avant de me lancer dans cette (re)lecture, et novembre me semblant être le moment idéal, je me suis lancée 😊
Et c’est un beau coup de cœur 😍 Je me suis replongée avec délices dans la plume de TJ Klune, que j’avais déjà adorée avec « Under the whispering door », et je me suis rendue compte que je me souvenais plutôt bien de l’histoire, sans que ça vienne entacher mon plaisir 🥰
J’ai retrouvé Linus Baker avec joie tant son personnage me touche, sa volonté d’aider les enfants, mais en même temps son côté « surtout ne pas faire de vagues, ne pas se faire remarquer, suivre les règles à tout prix ». Il remarque beaucoup de choses sans vraiment y faire attention, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus faire autrement… J’adore son personnage et son évolution au fil du récit 🥰
J’ai adoré retrouver Arthur Parnassus, Zoe et les enfants sur leur île. Ils sont tous très attachants, et les enfants surtout m’ont beaucoup fait rire 😂 Certains ont un humour très… particulier, du genre que j’apprécie le plus 😄 Tous ont quelque chose de particulier, au-delà même de leur apparence singulière dont je ne vais pas parler ici pour ne pas gâcher la surprise aux lecteurices qui n’auraient pas encore fait leur connaissance 😊
J’ai beaucoup aimé l’histoire, qui m’a souvent fait rire et surtout m’a tiré pas mal de larmes. Quand on est une grande sensible, difficile de rester indifférente aux passés des enfants, à la manière dont ils sont perçus, à tout ce qu’ils apprennent chaque jour 🥹
Ce roman est une ode à l’amour, un appel à ne pas s’arrêter à une réputation (justifiée ou non), à s’intéresser à ce qui fait la personne plutôt qu’à ce qu’elle semble être. J’aime tout particulièrement ce roman de l’auteur, même si j’ai peu de recul quant à son œuvre, pour ce qu’il met en lumière.
J’aime profondément ce roman, c’est une évidence, et peut-être (sûrement) que je ne suis pas très objective concernant l’auteur. Mais avant de conclure, j’aimerais revenir sur une pseudo polémique qui a tourné un temps (et qui ressort parfois) autour de ce roman 😮💨
Il y a quelques années, au moment de la sortie du roman, l’auteur a expliqué, dans divers articles de presse ou podcasts, comment l’idée de ce roman lui était venue. Il explique, par exemple ici, qu’il passe beaucoup de temps sur Wikipédia, passant d’un article à l’autre en cliquant sur les liens proposés. Un jour, il tombe sur un article à propos des « Sixties Scoop », des « orphelinats » canadiens dans lesquels étaient envoyés, dans les années 50-60, des enfants autochtones, dans le but de les « civiliser »… Oui, horrible, clairement 🤬
À partir de cette anecdote (l’auteur qui tombe par hasard sur cet article), tout est parti en vrille chez certain•es blogueurs et blogueuses littéraires, qui ont considéré que l’auteur avait fait preuve de malhonnêteté et d’appropriation culturelle en utilisant cet aspect traumatique de beaucoup d’enfants pour en faire une jolie histoire. La question de l’appropriation culturelle est complexe, et je n’ai pas l’intention d’en débattre ici, mais j’aimerais tout de même en dire quelques mots.
On parle d’appropriation culturelle quand une personne, ici un auteur, prend un élément fondateur de l’histoire d’un peuple, ici les autochtones, comme s’il en faisait partie et détourne leur histoire à son profit. Ce qui m’a fait me demander si ces personnes très critiques avaient lu le roman 🤔
Si, en effet, l’auteur s’est « inspiré » des « Sixties Scoop », son roman s’en éloigne très rapidement. Si on parle ici de foyers où vivent des enfants orphelins avec des pouvoirs magiques, qui sont enregistrés et surveillés toute leur vie, ce qui est arrivé dans la réalité, l’auteur ajoute une bonne dose de « 1984 » de George Orwell dans son récit. Les enfants et les adultes qui ont des pouvoirs sont en effet très surveillés, mais ils ne sont pas les seuls !
Linus Baker travaille dans un open-space où tout est millimétré, contrôlé, surveillé, où chaque pause, retard, absence sont notés et peuvent être sanctionnés. Les employés du « Department in Charge of Magical Youth » n’ont aucun pouvoir magique mais sont eux aussi enfermés, dans un sens, dans une société très répressive. Preuve en est l’omniprésence du slogan « See something, say something » (« vous voyez quelque chose, vous dites quelque chose »), qui exprime clairement que la délation est encouragée, et pas uniquement envers les personnes qui ont des pouvoirs, mais chaque citoyen est surveillé sans arrêt 🧐
« The house in the cerulean sea », selon moi, s’inspire en effet des « Sixties Scoop » dans le sens où les enfants sont étroitement surveillés et n’ont pas de choix de vie, même une fois adulte, mais le roman s’inspire également de « 1984 » et cherche davantage à apporter de l’espoir dans un univers où tout est souvent gris. L’auteur a été « accusé » de poser son personnage principal, Linus, en « grand sauveur blanc » alors que c’est tout le contraire : lui-même est bien davantage perdu et a besoin d’être sauvé…
Ce roman est une ode à l’espoir, au bonheur de se trouver une famille, aussi bizarre et non conventionnelle soit-elle, et il mérite vraiment qu’on s’y attarde, même quand, comme moi, on préfère les romans d’horreur 😅 Un peu de lumière, un peu de beauté, un peu d’amour de temps en temps, ça ne fait de mal à personne 😉
Ce roman a ses défauts, bien sûr, mais personnellement, j’ai préféré me concentrer sur ce qu’il m’a fait ressentir : de la tristesse pour les histoires de ces enfants qui méritent tellement plus, mais surtout beaucoup de joie à passer un moment en leur compagnie. J’ai hâte de retourner les voir, et je ne peux que vous conseiller d’aller vous aussi leur rendre visite 🤗
🐻🐻🐻🐻🐻❤️/5

