
Bonjour bonjour ! 😄 Aujourd’hui j’ai envie de parler d’horreur, mais pas n’importe comment, ni avec n’importe qui ! Parlons donc « Génération Body Horror » avec Morgane Caussarieu et Fleur Hopkins-Loféron et les éditions ActuSF 🩸
« Julia Ducournau et Coralie Fargeat ont électrisé la critique et remis au goût du jour le genre du body horror, longtemps fief masculin considéré comme outrancier, à travers des œuvres-cultes comme La Mouche de David Cronenberg et Society de Brian Yuzna.
C’est parce que l’horreur corporelle possède une histoire bien plus riche que ces seuls noms illustres, en littérature comme au cinéma, que le projet d’écrire Génération Body Horror s’est imposé aux passionnées d’horreur Morgane Caussarieu et Fleur Hopkins-Loféron. Leur projet à quatre mains porte une ambition assumée : explorer l’histoire de l’horreur viscérale dans ses moindres recoins, du XIXe siècle à nos jours, exhumant au passage des pépites méconnues, mais aussi interroger combien cette grammaire du corps se donne à voir, ces dernières années, comme un territoire privilégié pour penser la marginalité et laisser exploser sa rage. »
Vous avez sûrement vu passer pas mal d’avis sur cet essai avant d’arriver ici, vous n’apprendrez peut-être rien de plus en lisant ce qui suit, mais sait-on jamais 😜
En tant que partenaire ActuSF, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir cet essai qui me faisait de l’œil depuis la révélation de sa couverture 👀 Seul petit bémol, j’ai accepté de le recevoir en version numérique, je n’ai donc pas pu profiter des très nombreuses illustrations et de la très belle mise en page de la version papier, dont j’ai vu passer beaucoup de photos. Alors si j’arrive à vous convaincre de vous pencher sur cet ouvrage, juste un conseil : procurez-vous la version papier 😅
J’ai parcouru avec grand plaisir les pages (virtuelles) de ce livre, en compagnie de deux autrices clairement passionnées par le sujet. On y trouve énormément de références de films et de réalisateurs, spécialisés ou non, dans le « body horror », et j’ai découvert 2-3 petites choses. J’ai surtout eu confirmation que les films de Cronenberg ne sont pas pour moi, même si je n’ai rien contre un peu d’horreur corporelle, mais ce réalisateur va un peu trop loin pour moi 😅
Les autrices ont fait un travail impressionnant pour regrouper et classifier les différents « sous-genres » du body horror, qui ne se contente pas d’être « du sang partout et des boyaux qui traînent » à la « Terrifier » mais peuvent prendre de très nombreux aspects. Disons que le body-horror le plus sanglant n’en est qu’une petite partie, et on y trouve un très vaste éventail de modifications corporelles, par exemple. Sur ce point, le livre m’aura fait prendre conscience que le body horror est vraiment un genre d’horreur extrêmement riche, et j’ai beaucoup apprécié ma lecture 🥰
Je me suis permise de sauter quelques passages, soit parce qu’ils risquaient potentiellement de spoiler un film ou un roman que je compte voir/lire, soit parce qu’ils touchaient une corde sensible chez moi. L’avantage, c’est que chaque chapitre et chaque sous-chapitre étant clairement identifiés, on sait de quoi les autrices vont parler, dans les grandes lignes, grâce aux titres. Ça permet de se concentrer sur ce qu’on veut (ou ne veut pas) lire, évitant ainsi de se dégoûter soi-même comme j’aurais pu l’être quand on parle de films du genre de « The Human Centipede » (que je n’ai jamais vu et ne compte surtout pas voir ❌)
L’idée de l’essai, bien sûr, n’est pas de faire une classification du body horror, mais plutôt d’en donner une vision la plus exhaustive possible, en utilisant de très nombreuses références, et d’apporter une réflexion sur l’évolution du genre, sur les messages que le body horror porte, à l’image de « The Substance » de Coralie Fargeat (que j’ai vu et beaucoup apprécié) qui, au-delà de montrer l’horreur de la transformation d’un corps, parle aussi et surtout de sujets tels que la question du vieillissement chez les femmes et la manière dont elles se perçoivent et sont perçues par la société 🤔
Morgane Caussarieu et Fleur Hopkins-Loféron ouvrent la réflexion à de nombreux sujets, avec une écriture très accessible. Au-delà du « simple » essai, j’y vois surtout un guide pour comprendre le body horror, ses codes, son histoire, sa volonté de dépasser certaines limites ou d’affronter ce qui nous fait le plus peur ou que nous ne comprenons pas 🫣
En conclusion, un ouvrage que je ne peux que conseiller aux lecteurices fans d’horreur, mais surtout à celleux qui ont le cœur et l’estomac bien accrochés 😆
🐻🐻🐻🐻,5/5

